Tipi : Technique d’identification sensorielle des peurs inconscientes

 

 

Dans le cadre d’un protocole de recherche sur l’identification sensorielle des peurs inconscientes, parmi 278 personnes atteintes de phobie, de dépression, d’inhibition, d’irritabilité et d’angoisses, seulement 2 %, ne sont pas totalement venues à bout de la souffrance émotionnelle qui les handicapait. Pour 79 % des personnes, la guérison est intervenue en une seule séance. Les 19 % restant n’ont que très exceptionnellement nécessité plus de 2 séances pour obtenir le même résultat.

Ces chiffres peuvent sembler provocateurs tant ils paraissent incroyables : ils ne sont pourtant que le reflet de l’étude menée en complète transparence par l’association Tipi et présentée dans ce livre.
Mais au-delà d’une nouvelle approche thérapeutique, Luc Nicon nous propose une véritable révolution dans notre façon d’envisager le fonctionnement émotionnel humain : à travers cette étude, les événements vécus en période prénatale s’imposent comme décisifs dans l’apparition de nos peurs, de nos souffrances émotionnelles et plus généralement dans la construction de notre personnalité.

Luc Nicon, expert en pédagogie et en communication comportementale, consacre aujourd’hui son temps à la formation de thérapeutes et à de nouvelles recherches autour de ses découvertes sur l’origine des peurs inconscientes.
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Quelques extraits du livre

Préface de Luc Nicon

Bonjour !

La sortie de mon premier livre “Comprendre ses émotions” a, très ironiquement, entraîné un bouleversement dans ma compréhension de notre fonctionnement émotionnel. Les nombreuses demandes d’aide suscitées par les perspectives développées dans ce premier ouvrage m’ont, en effet, amené au-delà de ce que je pouvais alors imaginer. En passant d’une pratique occasionnelle auprès de personnes normalement intégrées à notre société à une activité intensive avec des personnes en très grande difficulté émotionnelle, j’ai obtenu des résultats surprenants : non seulement les personnes guérissaient à une rapidité déconcertante mais les parcours qu’elles empruntaient pour désactiver leurs souffrances passaient par des souvenirs sensoriels incroyables, improbables. Pour faire simple, c’est leur naissance et plus encore certains événements survenus durant les 9 mois de leur vie passés dans le ventre de leur mère que ces personnes se retrouvaient à visiter. Dans un premier temps, j’avoue avoir été plus effrayé qu’enthousiaste. Certes, je ne faisais qu’appliquer méthodiquement l’approche que j’avais élaborée mais le sans-faute obtenu sur des cas, pour la plupart, désespérés, me paraissait trop beau pour être vrai. Je suis peu ouvert à la magie ou au surnaturel et cette aventure en offrait tous les ingrédients. En une seule rencontre, des personnes qui souffraient d’angoisses insurmontables se retrouvaient, comme par miracle, instantanément libérées. D’autres, affligées de phobies particulièrement marquées, se débarrassaient définitivement de leur handicap en souvent moins d’une demi-heure. Et plus les guérisons s’imposaient avec force, plus il m’était difficile de les appréhender rationnellement. D’autant que les personnes qui me contactaient avaient souvent, auparavant, épuisé les ressources de toutes les thérapies plus ou moins officielles qui leur étaient accessibles. Pourquoi aurais-je découvert en explorant un peu par hasard ce que tant d’autres ne sont pas parvenus à atteindre en y consacrant pourtant l’essentiel de leur temps ? J’étais perplexe et, de surcroît, je me sentais très isolé. Comment communiquer tout cela à mes proches et plus encore à des inconnus sans passer pour un illuminé ? Je n’étais pas crédible. Et toutes les personnes qui avaient bénéficié de ces guérisons hors normes m’avouaient devoir faire face à la même incrédulité de leur entourage. Je n’avais pas le choix : si je voulais définitivement m’assurer de la validité de mon approche et lui donner une chance d’être partagée par un grand nombre, je devais l’inscrire dans une démarche simple, mesurable et transparente. Je décidais alors de reprendre tout à zéro. Dans un cadre expérimental, gratuitement, avec, en contrepartie, la possibilité d’enregistrer chaque séance et d’obtenir par la suite des rapports détaillés, je me suis fixé d’étudier cinquante cas pour chaque pathologie. Dans ce cadre, en trois ans, j’ai reçu plus de 300 personnes. Aujourd’hui, si les résultats sont toujours aussi surprenants, j’ai acquis beaucoup d’expérience pratique et, même s’il reste de nombreuses questions en suspens, j’ai appréhendé l’essentiel du phénomène. Dans mon entourage, le scepticisme du début a fait place à l’intérêt et parfois à l’enthousiasme. Des thérapeutes viennent maintenant vers moi pour se former. Avec recul et sérénité, je peux, à présent, livrer le résultat de mes recherches.

Luc Nicon

Lire un extrait sur les Principes Fondateurs

Principes fondateurs (chapitre 1)

Sans réécrire l’ensemble du livre Comprendre ses émotions, il semble indispensable d’en reprendre les grandes lignes pour expliquer comment les résultats qui seront détaillés par la suite ont été obtenus.
La démarche a été baptisée du nom de « Tipi » pour Technique d’Identification des Peurs Inconscientes. Il s’agit en effet de considérer les peurs comme la clé des souffrances émotionnelles, sachant que ce sont elles qui conditionnent le plus fortement les réflexes de défense : la fuite, l’inhibition, l’agressivité et, de façon plus inattendue, la prise de pouvoir. Par ailleurs, pour qu’il y ait peur, il faut admettre qu’une première expérience désagréable ait préalablement été vécue. C’est cette première expérience qui doit être retrouvée pour désactiver les comportements qu’elle induit. Sans en connaître encore avec certitude le mécanisme biologique, les résultats obtenus sur un grand nombre de personnes montrent que, lorsqu’une situation à l’origine d’une réaction de peur est revécue, cette dernière est désamorcée. Encore faut-il que ce « revécu » ne soit pas une projection intellectuelle mais bien une réalité émotionnelle, sensorielle. Autrement dit, c’est à travers son ressenti physique et non avec son intellect qu’il faut rechercher l’origine de la peur. Et c’est souvent là toute la difficulté, tant nous sommes habitués à réfléchir plutôt qu’à ressentir. Pourtant, à travers ses sens, chacun peut remonter jusqu’aux traces les plus anciennes de ses peurs qui, dans la plupart des cas, se révèlent être les plus déterminantes. Très simplement, il est possible de se reconnecter aux multiples événements survenus lors de la naissance et même jusque dans le ventre maternel.
De nombreuses pratiques thérapeutiques ont déjà emprunté plus ou moins partiellement cette voie. En fait, il semble que la réussite de Tipi tienne en l’assemblage de quatre principes déterminants.

La peur
La peur est définie comme une émotion ressentie en présence ou dans la perspective d’un danger. Dans ses formes primaires, la peur se présente sous deux types de manifestations : la peur passive caractérisée par des phénomènes d’inhibition, de paralysie, et la peur active marquée par l’affolement verbal ou moteur. Les réactions liées à un danger possible sont d’influence et d’aspect très divers : l’appréhension, le stress, la crainte, l’inquiétude, l’anxiété, l’angoisse. Elles relèvent toutes d’un sentiment d’impuissance devant les dangers d’un monde estimé menaçant. Le terme « danger » doit être entendu au sens le plus fort du terme, à savoir comme une confrontation avec la mort. Cette confrontation peut être directe (mort physique) ou indirecte (pertes matérielles ou relationnelles qui peuvent diminuer les chances de survie).
Dans notre démarche, cette notion de confrontation avec la mort est déterminante. À travers la manifestation de la peur, il s’agit en effet de rechercher le danger qui l’a générée. Dans les cas de pathologies graves ou dans tous les cas de phobies, comme il sera montré par la suite, cette recherche conduit en période prénatale ou à la naissance et c’est toujours une confrontation directe avec sa propre mort qui est identifiée comme responsable de la souffrance. Qu’il s’agisse d’un manque d’oxygène, d’un apport nutritionnel insuffisant, d’une intoxication, d’un dysfonctionnement interne ou d’une gêne extérieure provoquant des contraintes ou des sensations physiques difficilement surmontables, c’est en effet au stade de la survie la plus élémentaire que se nouent les peurs qui engendrent les souffrances émotionnelles les plus tenaces.
Bien sûr, le « danger » initial responsable de la peur peut être assimilé à l’événement traumatique recherché habituellement par les thérapeutes, mais cette recherche est généralement teintée d’une connotation psychologique, qui entraîne un point de vue essentiellement relationnel sur l’événement. Par exemple, si un fœtus a cohabité avec un jumeau qui n’a pas survécu, le traumatisme, s’il est identifié, sera essentiellement analysé dans ses implications relationnelles (sentiment de détresse, de solitude ou d’abandon, rapports fusionnels avec son entourage, incapacité à vivre des relations durables ou, au contraire, à assumer les ruptures, etc.). Le même événement abordé par le biais des manifestations de la peur peut conduire, par exemple, à revivre une perte de connaissance provoquée par le phénomène d’aspiration particulièrement marqué qui accompagne l’évacuation du jumeau. En abordant les sensations répulsives engendrées par la situation, c’est le risque physique encouru par la personne qui est mis en relief, alors qu’en analysant psychologiquement son rapport à l’événement, c’est la relation affective de la personne avec son environnement qui est développée. Côté physique, la disparition du jumeau apparaît comme un événement violent mettant en jeu la survie physique de celui qui reste. Côté psychologique, cette disparition est surtout considérée comme un manque affectif difficile à surmonter. En fait, il paraît évident que c’est le ressenti physique éprouvé lors d’un événement particulièrement désagréable qui induit des répercussions psychologiques indésirables. Par la suite, lorsque l’introspection s’arrête à cet impact psychologique, elle ne va pas jusqu’au cœur de la souffrance physique qui reste activée dans la mémoire sensorielle. Certes, à l’évidence, nous sommes plus à l’aise dans une approche psychologique, mais si l’on parle guérison, le ressenti physique semble porteur de résultats nettement plus avantageux.

Le ressenti physique
Rechercher l’origine d’une souffrance par le biais des manifestations de la peur permet de s’appuyer sur des sensations physiques très concrètes, facilement identifiables.
Une personne mal à l’aise en présence du feu, peut, sans aucune difficulté, décrire ce qu’elle ressent dans son corps à cet instant. Par exemple, elle sera surprise, en « écoutant » son corps, de ressentir une douleur vive à l’épaule et au bras, comme si quelqu’un la déséquilibrait en la tirant violemment en arrière. Ce ressenti amènera peut-être la personne à identifier ensuite une situation dans laquelle le feu n’est en rien responsable de sa peur : alors qu’elle était bébé, un adulte l’aura sans doute empoignée avec force pour lui éviter de se brûler et, depuis, ce qu’elle craint en s’approchant d’un feu n’est donc pas de se brûler mais d’être violemment agressée et déséquilibrée. Bien sûr, une autre personne décrira des sensations totalement différentes nées d’une situation tout aussi personnelle.
Par ailleurs, l’exemple du feu illustre bien comment se marque la peur dans notre corps lors d’un événement désagréable : le ressenti physique éprouvé à l’instant de la confrontation est mémorisé tel quel, prêt à ressurgir. Par la suite, il se manifeste à l’identique dans toutes les situations perçues, souvent inconsciemment, comme similaires. C’est cette trace sensorielle qui offre la possibilité de remonter avec fiabilité et précision à l’événement d’origine. Pour ce faire, il s’agit très simplement de se laisser porter par cette mémoire sensorielle : tout le monde sait naturellement « se souvenir » avec son corps. Au Mali, par exemple, les personnes qui se sont prêtées à cette expérimentation, sont immédiatement entrées « en sensation » : sans aucune sollicitation, elles se sont laissées conduire dans leur corps par leurs peurs. En Occident, malheureusement, la plupart des personnes confrontées à leurs peurs se servent de leur intellect au lieu « d’écouter » leur corps. Il faut alors les aider à mettre leur mode analytique en veille pour laisser s’imposer leurs sensations. Plusieurs pratiques visant à atteindre cet état ont déjà été proposées. Tipi, la technique adoptée ici, a pour avantages d’être très simple et rapide à mettre en œuvre (elle s’installe en conversant naturellement) et de n’induire aucun état de dépendance (les personnes restent pleinement éveillées et conservent intégralement leur libre arbitre).
Cette « reconnection physique » avec l’événement d’origine est déterminante : il apparaît clairement à travers tous les cas étudiés que c’est la condition indispensable pour que la peur soit désactivée. L’approche intellectuelle n’apporte aucune modification. Si une personne a la gorge nouée, si elle manque d’air et qu’elle se sent comme retenue chaque fois qu’elle doit franchir ce qu’elle considère comme un obstacle, au point qu’elle fait de longs détours dans sa vie pour les éviter, ce n’est pas parce qu’elle apprendra qu’elle est née avec un cordon ombilical autour du cou qui a gêné sa sortie qu’elle sera tirée d’affaire. En revanche, même si elle ne parvient pas à identifier intellectuellement l’événement à l’origine de ses difficultés, le seul fait de revivre les sensations éprouvées lors de ce moment critique est généralement suffisant pour désamorcer ses peurs. Autrement dit, comprendre sans revivre les sensations ne soulage pas la souffrance, tandis que revivre les sensations sans forcément les comprendre permet la guérison. Cette vérité doit rester en permanence présente à l’esprit. Même si la tentation est grande, en recoupant de nombreux cas, de dresser une liste de profils psychologiques ou comportementaux standards en fonction des événements subis par les personnes, cet exercice intellectuel n’apporte rien en terme de guérison. Cette approche est même dangereuse : chaque parcours est unique et négliger les sensations particulières qui lui sont attachées au détriment d’une explication stéréotypée conduit souvent à des interprétations erronées.

La passivité
Dans une approche sensorielle, la principale difficulté à surmonter est d’accepter la passivité. Il n’y a rien à faire, rien à vouloir, rien à comprendre, rien à interpréter, juste à ressentir physiquement et se laisser porter par ce ressenti. Il s’agit seulement d’être spectateur en se laissant aller au fil de ses sensations, sans objectif particulier et sans a priori sur les images, les sons, les textures, les odeurs et les saveurs qui ont laissé en nous des traces susceptibles de se manifester.
Passivité, également, pour celui qui, éventuellement, vient en aide. En effet, avec l’approche proposée dans ce livre, la seule aide que peut apporter celui qui accompagne est de permettre à celui qui souffre de se connecter puis de rester en prise avec ses sensations. Habituellement, le thérapeute prend en charge les personnes en difficulté. C’est lui qui sait et qui soigne. Le résultat repose alors principalement sur ses connaissances et sur son habileté personnelle à les mettre en pratique. À l’inverse, ici, il s’agit de laisser chacun trouver seul son chemin. Se contenter d’être témoin, ne rien vouloir, ne rien savoir, sont les conditions indispensables pour que le fil fragile des sensations puisse correctement se dérouler. Lors d’une séance, il n’est pas rare qu’après une courte mise en route, plus aucune phrase ne soit échangée avant la fin. Pour être parfaitement clair, la seule aptitude requise pour celui qui vient en aide est, si besoin, de savoir déconnecter l’intellect le plus résistant. Aucune compétence médicale n’est nécessaire. En ce sens, l’utilisation de cette technique ne relève pas de la thérapie mais s’apparente plutôt à une formation à l’utilisation de notre mémoire sensorielle. Mais contrairement à ce que l’on pourrait supposer de prime abord, la simplicité de la démarche ne la rend pas pour autant aisé. En effet, ce n’est pas facile de ne pas tenir le premier rôle, d’accepter de ne pas savoir, de se contenter de n’être qu’un passeur discret qui permet à chacun de s’aventurer en lui-même jusqu’à sa guérison.
La passivité est également présente dans la guérison puisque, là encore, il s’agit de laisser faire. Il semble que le seul fait de se reconnecter sensoriellement, consciemment, avec l’origine de la souffrance suffise à la désactiver. Pas de soin ou de traitement particulier, pas de conditionnement psychologique, pas d’acte symbolique. Il est juste préférable d’éviter d’intellectualiser les sensations perçues pendant la séance pour ne pas freiner la guérison naturelle et spontanée.

La guérison
La guérison est totale, complète. Il ne peut y avoir de demi-mesure : c’est tout ou rien. La peur disparaît dès que sa source a été sensoriellement revisitée. Si, malgré tout, la peur est toujours active après une première introspection, elle sert de support pour remonter plus loin encore dans le ressenti. En effet, à partir de l’événement d’origine qui a créé la peur, de nombreuses situations similaires se succédent généralement en s’empilant et en amplifiant chaque fois la peur. Pour remonter sensoriellement jusqu’au cœur de la peur, il faut parfois en affronter l’écorce et les couches successives. En clair, on sait que l’on est arrivé à destination lorsque la peur ne se manifeste plus. Et si la peur disparaît, les comportements qu’elle engendrait cessent également.
Cette guérison systématique, en l’état actuel de notre démarche, connaît néanmoins des limites. En effet, la disparition de la souffrance devient très aléatoire si cette souffrance s’accompagne de maladies physiques ou de comportements compulsifs (anorexie, bégaiements, tocs). Dans ce cas, tant du point de vue émotionnel que physique, le résultat est parfois spectaculaire. D’autres fois, sans comprendre encore pourquoi, ça ne marche pas. Aussi, dans ce livre, seules les souffrances émotionnelles sans complication physique ont été prises en compte : phobies, états dépressifs chroniques, inhibitions, irritabilité, angoisses et obsessions.

Lire le début du chapitre 2 : Quelques chiffres

Quelques chiffres (chapitre 2 : début du chapitre)

Sur les 278 personnes atteintes de phobie, de dépression, d’inhibition, d’irritabilité et d’angoisses suivies dans le cadre de notre protocole de recherche, seulement 7, soit 2 %, ne sont pas totalement venues à bout de la souffrance émotionnelle qui les handicapait. Pour 79 % des personnes, la guérison est intervenue en une seule séance. Les 19 % restant n’ont que très exceptionnellement nécessité plus de deux séances pour obtenir le même résultat.
Ces chiffres peuvent paraître provocateurs tant ils sont incroyables : ils ne sont pourtant que le reflet réel et sincère de l’ensemble de cette étude menée en complète transparence à travers l’association Tipi et présentée dans ce livre.

Le protocole
Le protocole de recherche, établi sur la base d’une participation bénévole, a été validé par tous les participants. Il impliquait une séance individuelle d’une durée de 2 heures au maximum. Suite à cette séance, dans les cas où cela semblait souhaitable, les personnes participaient à une autre séance. Par ailleurs, elles acceptaient que chaque séance soit enregistrée. Enfin, elles s’engageaient à rédiger un compte rendu à échéance d’une semaine, d’un mois, de trois mois et d’un an après la séance.
Les séances ont généralement été réalisées dans un lieu spacieux, avec fauteuils et banquette. À titre expérimental et parfois pour faire face aux contraintes géographiques, certaines séances ont été effectuées par téléphone.
Didier Godeau a régulièrement apporté son concours à cette étude et a également animé quelques séances : il semblait important de mesurer les résultats obtenus par des animateurs différents pour apprécier l’universalité de la démarche.

Les participants
La plupart des personnes qui ont accepté le protocole de recherche étaient entrées en contact avec l’association Tipi après lecture du livre Comprendre ses émotions. D’autres sont venus par l’intermédiaire des conférences organisées dans le Sud de la France et par le bouche à oreille généré, a posteriori, par les premiers participants. La majorité, à 65 % environ, est féminine. Les âges s’échelonnent de 10 à 50 ans. Cinq enfants, âgés de 10 à 16 ans, ont participé (avec accord parental) à ces séances.
L’acceptation des dossiers a évidemment été basée sur un maximum d’éléments permettant d’apprécier la réalité de la pathologie annoncée. La plupart comportent un dossier médical détaillé. Néanmoins, l’ampleur des symptômes manifestés par les demandeurs n’a pas été systématiquement prise en compte : il était intéressant de confronter indifféremment la démarche à des personnes en grande détresse comme à d’autres en moindre difficulté. Tous les demandeurs étaient en souffrance depuis longtemps. Certains avaient entrepris de nombreuses thérapies, médicalisées ou non, d’autres n’avaient jamais fait de démarche particulière.

Lire le début du chapitre 3 : Les souffrances émotionnelles naissent dans le ventre des mamans

Les souffrances émotionnelles naissent dans le ventre des mamans (chapitre 3 : début du chapitre)

Pendant l’enfance et l’adolescence et dans notre vie d’adulte, les blessures émotionnelles sont nombreuses et variées. Il semble pourtant qu’elles ne puissent vraiment s’installer durablement en nous que dans la mesure où elles font écho à des événements survenus dans le ventre maternel ou à la naissance.
Une personne victime d’un accident de la route est souvent perturbée, pendant quelque temps, chaque fois qu’elle reprend le volant. Normalement, au fil des jours, sa peur se dissipe et laisse place à un souvenir plus ou moins diffus et lointain. Pour certaines personnes, au contraire, l’émotion reste présente et vivace. Des mois ou des années après, les cauchemars, les angoisses ou encore les crises de panique dès qu’il s’agit de conduire font désormais partie de leur vie. En séance, ces personnes, au-delà de leur accident, revivent toutes un événement particulier survenu dans le ventre maternel.
De même, une rupture affective provoque généralement un tumulte émotionnel difficile à assumer qui, pourtant, va en s’amenuisant, jusqu’à laisser place à l’apaisement. Là encore, certaines personnes, bien des années après, sont encore à vif, incapables de soigner leur blessure. En séance, invariablement, ces personnes se reconnectent sensoriellement avec un événement survenu au cours des premières semaines passées dans le ventre maternel.
L’intégralité des personnes qui ont participé à cette étude avait en commun d’être en souffrance émotionnelle depuis longtemps. En cours de séance, elles ont toutes, sans exception, revécu un ou plusieurs épisodes marquants de leur vie intra-utérine ou de leur naissance pour rencontrer la guérison.

Bien sûr, après la naissance et tout au long de la vie, la qualité de l’environnement psychologique et d’éventuels événements marquants viennent renforcer, densifier, élargir ou spécialiser les blessures survenues dans le ventre maternel. Par exemple, une personne qui, à l’état de fœtus, a été physiquement mise en danger par l’évacuation d’un jumeau non viable deviendra encore plus sensible à toute séparation si, notamment dans son enfance, elle est confrontée à d’autres ruptures violentes. Ce mécanisme est parfaitement décrit par le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. La peur, par une activation neuronale spécifique forme dans notre cerveau la trace sensorielle de l’événement désagréable : le ressenti physique éprouvé est mémorisé et se manifeste par la suite à l’identique, chaque fois en se renforçant, dans toutes les situations perçues, souvent inconsciemment, comme similaires. Cette manifestation correspond à un signal répulsif qui, par prévention, est chargé de nous mettre en alerte d’un danger potentiel.

Lire des passages du chapitre 4 : Les principaux événements revécus en période prénatale et à la naissance

Les principaux événements revécus
en période prénatale et à la naissance
(chapitre 4 : plusieurs passages dans le chapitre)

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D’un point de vue formel, chaque événement survenu dans le ventre maternel est d’abord présenté en rapportant en italique les expressions employées par les participants lors des séances. Les comportements pathologiques qui en résultent sont développés à la suite.
Une numérotation est attribuée à chaque événement pour faciliter son repérage à partir du tableau synthétique de l’annexe 1 situé à fin du livre.

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Les jumeaux

Parmi les événements revécus sensoriellement, la cohabitation avec un ou plusieurs fœtus non-viables, c’est-à-dire morts pendant la gestation, concerne plus d’une personne sur deux. Ces cohabitations ont été revécues différemment selon que les jumeaux évoluaient au contact l’un de l’autre dans une même poche amniotique ou dans des poches séparées. Les premiers sont minoritaires mais les personnes qui ont revécu cette forme de gémellité présentaient des pathologies nettement plus marquées et plus complexes que dans la plupart des autres cas.

1 – Les jumeaux mono-amniotiques – Ils évoluent dans une même poche amniotique et peuvent donc se toucher et même échanger leur place. Ils sont reliés au placenta maternel par deux cordons indépendants ou par un seul séparé en deux branches. Ils sont toujours de même sexe.

1-1 Au tout début, avant que l’autre fœtus montre des signes de défaillance, le ressenti, pour ceux qui l’ont éprouvé, est toujours décrit comme harmonieux, lumineux et source de plaisir. Les jumeaux semblent rechercher le contact comme s’il s’agissait d’un jeu. Ils sont attentifs l’un à l’autre et liés par une forte complicité. Devenu enfant puis adulte, le survivant connaît régulièrement des périodes plus ou moins courtes de tristesse inexpliquée et se retrouve souvent en dépression ou en insatisfaction chronique. Dans sa relation aux autres, il recherche avant tout un contact fusionnel et développe fréquemment une peur souvent insurmontable de l’abandon.
1-2 Les jumeaux attachés ne semblent pas connaître les plaisirs d’être à deux dans le ventre maternel. À l’inverse, ces jumeaux, soudés en une partie de leur corps, se gênent et s’agacent de la difficulté de coordination de leurs mouvements et de leurs déplacements. Le jumeau survivant devient irritable, quelquefois violent envers son entourage. Maladroit, doté d’une mauvaise synchronisation motrice, il supporte généralement mal le contact physique et souffre de fortes tensions musculaires à l’endroit de l’attachement. Il développe également un stress important et s’épuise rapidement chaque fois qu’il doit prendre quelqu’un en charge.
1-3 Certaines personnes qui ont revécu l’attachement d’un jumeau ont décrit l’effroyable malaise physique d’avoir été soi-même et quelqu’un d’autre à la fois. Ces personnes souffraient d’instabilité d’humeur et de trouble de l’identité.
1-4 De nombreux jumeaux attachés, mais également certains jumeaux sans attachement partageant le même placenta, sont victimes du syndrome transfuseur/transfusé. L’un des jumeaux pompe le sang de l’autre. Le transfusé éprouve alors une sensation de fuite d’énergie, de passivité. Paradoxalement, si l’un des jumeaux survit, il s’agit toujours du transfusé. Plus tard, celui-ci ne supporte pas d’être seul, n’ayant aucune envie, aucune énergie pour lui-même. En plus d’une grande culpabilité, il développe souvent des comportements alimentaires anormaux, notamment de la boulimie.
1-5 La mort de l’un des jumeaux attachés entraîne régulièrement, chez le fœtus vivant, une peur panique de perdre une partie de lui-même et d’être, lui aussi, condamné à mourir. Par la suite, dès son plus jeune âge, toujours insatisfait dans ses rapports affectifs, il est enclin à vivre replié sur lui-même et réagit souvent agressivement, violemment.
1-6 Après sa mort, le fœtus non viable se dégrade, noircit et se détache finalement en provoquant chez son jumeau vivant une sensation d’arrachement, de déchirement accompagnée d’une souffrance intense, une douleur insurmontable, à la limite de la défaillance. Le survivant, dès l’enfance, est fortement marqué par des douleurs récurrentes à l’endroit de l’attachement et par une appréhension maladive des séparations provoquant de l’irritabilité et parfois de la violence.
1-7 Souvent, la souffrance physique de la séparation est trop vive pour le jumeau vivant qui s’évade de ses sensations en perdant connaissance. Par la suite, que ce soit avant ou pendant une séparation ou un événement redouté, il réagit avec irritabilité, agressivité et par une forte anxiété s’accompagnant d’hyperactivité.

………….

Le cordon ombilical

Ce lien de vie transmet au fœtus l’essentiel des éléments nécessaires à son développement en le reliant au placenta maternel. Il est plus ou moins épais et sa longueur varie généralement entre 35 et 70 centimètres. La dimension du cordon ombilical, loin d’être anecdotique, s’est révélée, au fil des nombreux témoignages recueillis au cours des séances, comme un facteur souvent déterminant : plus le cordon est long et fin, plus grands sont les risques d’accidents.

3-1 L’accident le plus « navrant » est sans doute la formation d’un nœud résultant d’un déplacement du fœtus à travers une boucle formée par son cordon. Ce type de nœud est découvert assez couramment lors des accouchements. À sa formation et jusqu’à la naissance, selon que le nœud est plus ou moins serré, le bébé souffre d’un renouvellement sanguin réduit. L’oxygène lui parvient en quantité insuffisante : il manque d’air et n’arrive plus à respirer. Grâce à l’extrême lubrification du cordon qui laisse au nœud la possibilité de coulisser un peu, le bébé s’efforce de survivre, mais c’est au prix d’une vigilance de tous les instants en prévention d’éventuelles tensions sur le cordon. Après sa naissance, débarrassé de son cordon ombilical, il continue à éviter les gestes et les déplacements brusques. De même, il s’économise par peur de manquer d’énergie dès qu’il lui faut accomplir une activité physique. Enfin, soit il est phobique des nœuds ou des fils, cordes et cordages emmêlés, soit, à l’inverse, il développe une jubilation doublée d’une extrême dextérité à démêler ces mêmes nœuds.
3-2 Les accidents les plus courants sont dus aux nœuds ou plus simplement aux entraves formés par le cordon ombilical autour des membres, du cou, du ventre ou du torse du fœtus. Comme dans le cas du cordon noué sur lui-même (voir 3-1), le manque d’oxygène représente la toute première souffrance. Si la sensation d’asphyxie est de courte durée ou de faible intensité, par exemple lors de l’évacuation d’un jumeau non viable ou à la naissance, elle peut induire, par la suite, des difficultés respiratoires à l’approche d’événements inhabituels ou inquiétants.
3-3 Si le déficit en oxygène est important ou prolongé, le fœtus perd généralement connaissance. Il bascule dans un univers étrange, toujours très lumineux et ne ressent plus la moindre souffrance. Le retour très désagréablement douloureux à la conscience donne souvent envie de repartir dans ce monde de béatitude où tout est paisible. Cet épisode, assez régulièrement expérimenté lors du revécu de l’accouchement, induit une grande inertie accompagnée d’une neutralisation des capacités intellectuelles lors de situations inattendues ou redoutées. Des angoisses pouvant aller jusqu’à la terreur peuvent se manifester à l’occasion d’un changement de vie comme un mariage, un déménagement ou un changement professionnel. Cependant, la plus grosse difficulté semble être le manque de présence dans le quotidien qui se traduit par un grand intérêt pour tout ce qui touche au spirituel et à la création abstraite. À noter aussi, parfois, la peur panique de s’évanouir.
3-4 Si l’asphyxie s’amplifie encore, à la perte de connaissance s’ajoute la sensation de décorporation. Le bébé, comme détaché de son corps, voit les événements de l’extérieur de lui-même. Ce phénomène se rencontre rarement avant la naissance et dans la plupart des cas, le bébé assiste en spectateur indifférent à son propre accouchement. Plus tard, il est régulièrement absent de l’instant présent et supporte mal les contraintes, les règles et les conventions. Son domaine est le virtuel et le spirituel s’impose comme son unique centre d’intérêt. À noter, également, une inclinaison particulière pour le paranormal. En fait, il vit en distorsion permanente entre son corps qu’il considère comme accessoire et son mental auquel il accorde la toute puissance.
3-5 En dehors du manque d’oxygène, d’autres sensations accompagnent également celle de l’entrave de l’une des parties du corps du fœtus par le cordon ombilical. La tension exercée par le cordon sur le nombril, notamment, provoque souvent des douleurs aiguës qui induisent, par la suite, des spasmes abdominaux ou de l’hyperacidité gastrique en situation de stress.
3-6 La compression exercée par le cordon ombilical sur une partie du corps du bébé est généralement accompagnée par une perte de sensation locale. Cette disparition d’une partie de soi-même entraîne, plus tard, une faiblesse et des tensions physiques récurrentes à l’endroit concerné.
3-7 De même, l’immobilisation forcée d’un ou plusieurs membres, de la tête où de l’ensemble du corps imposée par le cordon ombilical entraîne une grande frustration, une irrépressible colère ou une irritation extrême de ne plus pouvoir éprouver la délicieuse liberté de se mouvoir. Généralement dès sa naissance, le bébé manifeste de l’irritabilité ainsi qu’un besoin impérieux de se dégager lorsqu’une contrainte physique s’exerce sur la partie de son corps qui a été immobilisée.
3-8 Cette immobilisation, si elle perdure, conduit souvent le bébé jusqu’à l’épuisement en gaspillant ce qui lui reste de forces vives pour tenter en vain de se libérer. Après s’être tiré d’affaire, par peur de manquer d’énergie, il organise son quotidien à l’économie.

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Lire le début du chapitre 5 : Faire une séance pour identifier sensoriellement une peur inconsciente

Faire une séance
pour identifier sensoriellement une peur inconsciente
(chapitre 5 : début du chapitre)

Notre démarche ne nécessite pas obligatoirement un accompagnement. Néanmoins, l’ensemble des techniques présentées ici concerne l’accompagnement réalisé au cours de notre étude. Pour commencer, et parce que cela influence de façon déterminante l’état d’esprit souhaitable lors de cet accompagnement, il semble utile de souligner qu’initier notre démarche consiste plus à faire acte de formation qu’à prodiguer une thérapie. En effet, la réussite de notre approche réside essentiellement dans la capacité de la personne en souffrance à se connecter consciemment à sa mémoire sensorielle. À partir d’une situation représentative de sa souffrance, dès qu’elle parvient à accéder à cette mémoire des sens, il ne lui reste plus qu’à se laisser guider par ses sensations pour identifier sa peur. Aussi, la principale raison d’être d’une aide extérieure est d’apprendre aux personnes en souffrance à s’installer et à se maintenir consciemment dans leur mémoire sensorielle. C’est si vrai, qu’après avoir maîtrisé cette pratique une première fois, de nombreuses personnes réussissent parfaitement à identifier d’autres peurs inconscientes sans avoir recours à un nouvel accompagnement. En fait, les personnes se connectent naturellement et valablement à leur mémoire sensorielle dès qu’elles acceptent de « sentir » leur souffrance plutôt que de s’épuiser à la tenir à distance. Cette dernière option exacerbe l’intellect et court-circuite le ressenti. Pour sortir de ce fonctionnement, la gageure est d’installer, à partir de l’activité analytique, une passerelle sécurisante vers la mémoire sensorielle. C’est cette passerelle qu’il s’agit, à présent, d’emprunter. Mais avant de s’aventurer plus loin, il paraît opportun de préciser notre destination : que savons-nous de cette mémoire sensorielle dont il est question depuis le début de ce livre ?

La mémoire sensorielle
Dans son dernier ouvrage, Synaptic self paru en 2002, Joseph Ledoux, professeur en neurobiologie et reconnu pour ses recherches sur les peurs, expose l’état des connaissances actuelles sur la question. En voici un résumé concis, additionné des résultats de diverses autres recherches.
La remémoration consciente est le type de mémoire que nous avons à l’esprit lorsque nous parlons habituellement de la « mémoire ». Se rappeler, c’est être conscient d’une expérience antérieure et présenter des troubles de la mémoire c’est avoir un problème avec le rappel d’un événement ou d’une information que nous savons pourtant avoir précédemment vécu ou su.
Mais il existe un système de mémoire différent qui garde le souvenir des situations dangereuses ou, du moins, menaçantes. Cet apprentissage du danger met en relation directe nos perceptions sensorielles avec nos réponses comportementales. Il ne dépend pas de la conscience et nous n’avons aucune emprise sur lui ni un accès conscient à sa véritable nature.
En fait, normalement, les deux systèmes de mémoire fonctionnent simultanément. La mémoire consciente apporte le contexte factuel d’un événement (ce que nous pouvons analyser intellectuellement, sans en éprouver le ressenti) et la mémoire inconsciente donne le relief sensoriel à ce contexte (les manifestations physiques, émotionnelles). En dehors de l’immaturité de la mémoire consciente en période prénatale, les causes d’un éventuel dérèglement de ce fonctionnement sont multiples mais la principale semble être la peur elle-même. Bruce McEwen, éminent chercheur sur la biologie du stress, a mis en évidence qu’une peur brève mais intense entraîne un appauvrissement en dendrites des neurones activés par cette peur dans l’hippocampe. Les dendrites, parties réceptrices des neurones, sont des acteurs majeurs dans la formation de la mémoire consciente. Les dégradations sont réversibles si la peur ne dure pas mais les dendrites sont définitivement endommagées, laissant les neurones isolés, si la peur se prolonge. Dans ce cas, le souvenir conscient à l’origine de la peur devient inaccessible. Lorsque la peur se manifeste, il ne subsiste alors aucune piste pour en retrouver consciemment le point de départ. La manifestation sensorielle de la peur reste alors, de fait, la seule trace qui puisse, éventuellement, permettre de remonter jusqu’à l’événement d’origine et de le désactiver consciemment. En ce sens, des signaux de forte intensité (des sensations physiques fortes reproduites consciemment, par exemple), en ciblant les neurones qui ont été isolés par des dendrites endommagées, peuvent réactiver l’activité de ces neurones et permettre ainsi la restitution consciente de la mémoire.
Par ce mécanisme, on peut imaginer, un peu comme un sourcier s’approche d’un point d’eau avec sa baguette, qu’en remontant consciemment au plus fort de la manifestation sensorielle de la peur et en la revivant pleinement et avec consentement on puisse la désamorcer en « reconstruisant » l’accès endommagé aux neurones concernés. Dans ce cas, la mise en conscience ne porte plus sur le souvenir mais sur la ré-expérimentation (volontaire et sécurisée) de la peur. Il s’agit là, très probablement, du mécanisme qui sous-tend notre approche.

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Lire un extrait du chapitre 6 : Les phobies

Les phobies
(chapitre 6 : extrait du passage sur la claustrophobie)

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23 cas de claustrophobie simple étudiés.
23 guérisons : toutes obtenues après une séance.
Temps moyen total pour atteindre la guérison : moins de 1 heure

Une claustrophobie simple se forme selon un processus très constant. Le fœtus, certainement dans la phase de retournement qui intervient au cours du 8e ou 9e mois, se retrouve emmêlé dans son cordon ombilical sous forme de « circulaire » du cou ou du ventre, de « bretelle » ou de nœud, principalement autour des jambes. Pendant la naissance, attaché par le cordon qui a beaucoup perdu de son amplitude en s’enroulant autour de lui, le bébé est retenu dans l’étroitesse de l’utérus maternel. D’un côté, les contractions de la mère le poussent à sortir et de l’autre, le cordon le maintient solidement arrimé au placenta. Le débit sanguin, réduit par l’étirement et l’écrasement du cordon, ne procure plus alors qu’une oxygénation réduite au bébé qui souffre d’asphyxie. Généralement, la situation s’éternise en empirant : la maman s’épuise en vain et le bébé, immobilisé, compressé, manque de plus en plus d’oxygène. Suivant la longueur du cordon, le bébé peut se retrouver stoppé dans sa progression alors que sa tête se trouve déjà engagée dans le bassin : à l’inconfort de la position et au stress de l’asphyxie s’ajoutent des douleurs faciales ou au niveau des vertèbres cervicales particulièrement violentes. Pour provoquer une claustrophobie, le « dénouement » de la situation passe systématiquement par une perte de connaissance engendrée par la tension du cordon exacerbée, soit naturellement par les contractions maternelles, soit artificiellement par les tractions effectuées par l’accoucheur. En fait, l’évanouissement du bébé semble salutaire : d’un état de tension généralisée proche de la tétanisation, tout son corps se ramollit, ce qui redonne de l’élasticité au cordon et autorise l’extraction dans de meilleures conditions. De plus, dès que le cordon gagne un peu d’amplitude, le bébé bénéficie d’une meilleure oxygénation. Après l’accouchement, il reprend vite connaissance mais n’a aucune conscience de ce qu’il vient de vivre. De façon incompréhensible pour lui, il est passé de la mort à la vie, d’un univers clos et exigu à un espace démesuré, d’une dépendance totale de l’apport en oxygène à une respiration libre et à volonté. Cette absence complète de repère semble, pour une large part, conditionner l’apparition de la claustrophobie.
À noter que, lorsque la reprise de connaissance intervient alors que le bébé n’est pas encore dégagé, instinctivement, les tensions se reforment et entraînent un nouvel évanouissement, le processus pouvant se reproduire plusieurs fois de suite avant la libération. Dans ce cas, l’enfant ne sera pas phobique mais souffrira certainement d’inhibitions ou d’irritabilité. En effet, perdre connaissance à répétition au cours de la naissance semble permettre au fœtus de dépasser l’état de surprise qui le conduit à la panique en expérimentant d’autres comportements. L’exaspération se traduira plus tard par de l’irritabilité, le renoncement installera de l’inhibition, l’accoutumance prédisposera éventuellement l’enfant à une économie respiratoire hors du commun qui lui servira en plongée ou dans d’autres sports.
En dehors de l’emmêlement dans le cordon ombilical, un autre scénario conduit également à la claustrophobie. Suite à la rupture de la poche amniotique lors de la naissance, une boucle du cordon ombilical peut sortir en premier, de sorte que lorsque la tête du bébé passe le bassin maternel, elle écrase le cordon, qui ne laisse plus passer assez d’oxygène et provoque une perte de connaissance. Ce type de claustrophobie est indissociable de la phobie des transports et sera abordé dans ce cadre.
Enfin, les cas de claustrophobies associées à de l’agoraphobie aboutissent exactement aux mêmes revécus que pour les claustrophobies simples mais nécessitent, sous peine de se réactiver très rapidement, la visite d’événements antérieurs à la naissance, responsables de l’agoraphobie. Ces événements seront abordés à travers l’agoraphobie.

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