Revivre sensoriellement

 

 

Nous sommes tous dotés d’une fonction autonome de régulation émotionnelle.

Qu’ils soient provoqués par un grave accident de voiture ou une rupture affective douloureuse, nos traumatismes se résorbent généralement peu à peu. Même si les semaines et les mois qui suivent sont difficiles, un jour, alors que nous pensions cela impossible, nous reconduisons avec insouciance et nous aimons de nouveau avec bonheur. Mais parfois cette régulation ne se fait pas. Le mécanisme est bloqué et la perturbation empire alors souvent avec le temps.

Ces blocages concernent en fait toutes nos difficultés émotionnelles récurrentes, celles qui s’invitent dans notre quotidien à la moindre occasion : nos peurs, nos angoisses, nos phobies, nos anxiétés, nos stress, nos agacements, nos inhibitions…

Ce livre présente notre capacité naturelle à revivre sensoriellement l’origine de nos blocages émotionnels pour les réguler définitivement.

 

 

 

Luc Nicon, expert en pédagogie et en communication comportementale, est l’auteur des livres Comprendre ses émotions (2003) et Tipi (2007). Ses recherches sur les mécanismes émotionnels l’ont amené à créer et développer Tipi, une technique permettant de revivre sensoriellement l’origine des peurs inconscientes mise en oeuvre partout dans le monde par des médecins, des thérapeutes, des coaches.

Aujourd’hui, avec ce livre, il nous propose d’utiliser l’essentiel de ses découvertes, par nous-même, en complète autonomie.

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Quelques extraits du livre

Préface de Luc Nicon

Bonjour,

Le début de ce livre a été conçu comme un mode d’emploi complet et concret pour que chacun puisse revivre sensoriellement l’origine de ses difficultés émotionnelles pour les réguler définitivement.

Les chapitres suivants s’attachent à décortiquer méthodiquement le fonctionnement de cette étonnante capacité naturelle.

Mais comme expérimenter et comprendre ne suffisent peut-être pas à convaincre de la formidable opportunité que représente cette capacité simple, disponible et efficace, les derniers chapitres présentent les principaux points de convergence avec l’actualité scientifique et médicale.

Enfin, la simplicité adoptée dans l’écriture ne cède en rien à la volonté de permettre aux chercheurs et techniciens de s’approprier cette capacité à revivre sensoriellement. Particulièrement dans les notes qui approfondissent et complètent chaque chapitre, un grand nombre d’informations, de réflexions et de références est mis à disposition pour faciliter le développement de ce processus et sa mise en application dans de nombreux domaines et utilisations.

Bonne expérimentation,

Luc Nicon

Lire le début du chapitre 1 : Guide pratique

 

Vous ressentez une émotion désagréable…

Fermez les yeux,

portez votre attention sur les sensations physiques présentes dans votre corps,

laissez ces sensations évoluer, se transformer d’elles-mêmes,

laissez faire, sans contrôle, sans à priori…

jusqu’à apaisement.

 

Vous ressentez une émotion désagréable…

Une émotion se manifeste par un ensemble de « sensations physiques » ressenti dans notre corps. Ces manifestations sont concrètes et descriptibles : palpitations, nœud à l’estomac, bouffées de chaleur, tétanisation, souffle coupé, tremblements, sueur froide, gorge sèche, jambes en coton, picotements dans le dos, chaleur dans le ventre, la poitrine qui semble exploser… Bref, l’émotion est inscrite dans notre corps. Si ce dernier réagit physiquement lorsque nous sommes confrontés à notre environnement, à nos pensées ou à nos souvenirs, alors nous éprouvons une émotion. Et si les manifestations physiques que nous ressentons sont désagréables, l’émotion l’est également.

Plus précisément, une émotion désagréable se manifeste systématiquement en nous au contact de la peur :

• peur du noir, de l’eau, du vide, de la vitesse…

• peur de conduire, de prendre le métro, le train, l’avion, le bateau…

• peur de prendre l’ascenseur, de se sentir à l’étroit dans un lieu, peur de la foule ou de sortir de chez soi…

• peur des chiens, des souris, des serpents, des araignées, des insectes…

• peur d’être contaminé, souillé…

• peur de mourir ou de perdre le contrôle de soi…

Nos comportements sont de bons indicateurs émotionnels :

• se sentir bloqué ou perdre ses moyens dans certaines situations professionnelles (prendre la parole en public, passer des examens), dans nos relations personnelles (faire des rencontres, vivre l’intimité) ou lors de confrontations sportives…

• paniquer ou être pris d’angoisse dans des situations qui paraissent pourtant anodines…

• être irritable ou se mettre en colère à la moindre contrariété, être violent…

• fuir systématiquement certaines situations…

• être sujet au stress, à l’anxiété…

Nos sentiments, lorsqu’ils sont négatifs, recouvrent également des ressentis émotionnels désagréables :

• ne plus avoir l’envie de vivre, être à la fois sans énergie, sans projet, insatisfait…

• se sentir triste, coupable, incompétent, jaloux, rejeté, vexé, humilié, dévalorisé…

Cependant, lorsque nous évoquons nos sentiments, nous ne sommes pas toujours en prise directe avec notre ressenti physique. Or entrer en connexion avec nos sensations est indispensable pour aller plus loin dans notre démarche.

Souvent, la justification d’une émotion désagréable paraît évidente : « Je suis stressé parce que j’ai peur d’être en retard à mon rendez-vous ! » Mais parfois, le « pourquoi ? » d’une émotion reste incompréhensible : « Je me promenais et je me sentais très bien… Mais après quelques minutes, alors que rien n’avait changé autour de moi et que je ne pensais à rien de particulier, l’angoisse de mourir m’a submergé ! »

En fait, peu importe que nous soyons en mesure de comprendre d’où vient une émotion indésirable et pourquoi elle se manifeste. L’important, c’est de ressentir ce qui se passe de désagréable dans notre corps. Et pour cela, il est temps de fermer les yeux.

Lire un extrait du chapitre 3 : Mémoire inconsciente

Habituellement, en parlant de notre mémoire, nous désignons notre capacité à nous souvenir consciemment d’événements et d’informations que nous savons avoir vécus ou sues. Pourtant il existe en nous une autre forme de mémoire que nous utilisons plus fréquemment encore : une mémoire « inconsciente » nous permet en effet d’accomplir au travers d’une réponse sensorielle spontanée la plupart de nos actions au quotidien. Monter un escalier, jouer du piano, attraper un ballon et conduire une voiture sont quelques exemples communs pour lesquels cette mémoire intervient sans que nous ayons conscience de son activité. Mais cette « inconscience » ne signifie pas que nous ne savons pas utiliser cette mémoire volontairement : quand nous en avons besoin, notre main posée sur un clavier numérique de distributeur automatique de billets sait parfaitement composer le code confidentiel que nous avions oublié. Cependant, si cette intelligence sensorielle participe largement à notre quotidien, les émotions, également issues de notre mémoire inconsciente, conditionnent, sans doute de façon plus déterminante encore, la conduite de notre existence. La plupart de nos choix affectifs, esthétiques, politiques et professionnels sont, en effet, fortement influencés par nos ressentis émotionnels.

Toutefois, il ne serait pas correct de dire que notre mémoire consciente, qui nous apporte sans cesse matière à analyse pour élaborer des réponses logiques à chaque situation, compte finalement pour peu dans nos décisions.

En fait, nos deux mémoires œuvrent de concert, en complémentarité. Notre mémoire consciente nous fournit les éléments attachés à une situation que nous pouvons analyser intellectuellement, alors que notre mémoire inconsciente nous propose un ressenti physique et émotionnel en lien avec cette même situation. Nos décisions, nos actions sont conditionnées par l’interaction entre nos deux mémoires, selon l’impact plus ou moins fort de l’une ou l’autre.

Lorsque nos deux systèmes de mémoire sont en phase, tout va bien et nous vivons les situations dans une sorte de plénitude, sans nous poser de question. À l’inverse, lorsqu’ils sont en opposition, nous sommes en mal-être et notre attitude s’en trouve altérée : nous devenons agressifs, nous fuyons, nous restons impuissants, inhibés, ou encore nous tentons de nous maîtriser ou de maîtriser notre environnement en prenant le pouvoir.

Lire un extrait du chapitre 4 : Perte de conscience

Tous les récits relatant ce que les personnes ont ressenti en revivant sensoriellement une perturbation émotionnelle dans le cadre de ces diverses études et expérimentations font systématiquement état de la présence d’une gêne respiratoire, d’un étouffement, d’un étranglement ou d’une asphyxie. Dans certains cas, cette difficulté respiratoire est accompagnée par une activité cardiaque défaillante ou, plus rarement, une douleur physique insurmontable.

Par ailleurs, la plupart des commentaires des participants évoquent clairement une proximité avec la mort : « Ça tire sur mon ventre, vers l’extérieur… j’étouffe… je suis en train de mourir… » Puis, après quelques secondes : « Je suis parti je ne sais où… mais c’est bon, là, maintenant, je respire ! »

Au fil des témoignages, cette relation à la mort s’est imposée comme un élément déterminant dans la compréhension de ce processus de régulation des blocages émotionnels.

Une nouvelle écoute attentive de tous les enregistrements disponibles a permis de mieux préciser la nature et le contexte de cette évocation de la mort.

Dans 96 % des cas, l’impression de mourir coïncide étonnamment avec la fin de l’évolution, de la transformation des sensations évoquées dans le guide pratique du troisième chapitre. Dans les secondes qui suivent ce contact avec cette impression de mort, le corps se relâche, la quiétude s’installe et la séance est alors considérée comme terminée.

Les séances parmi les plus détaillées indiquent sans ambiguïté que c’est à l’instant où la personne éprouve la sensation de mourir que la régulation du blocage émotionnel se fait. Le point de basculement semble bien être le revécu d’une confrontation à la mort. Mais de quelle mort ?

Lire un extrait du chapitre 5 : À la naissance et avant la naissance

Dès que l’on parle de gémellité intra-utérine, personne n’est indifférent. Entre ceux qui entrent immédiatement en résonance avec le sujet et ceux qui sont franchement épidermiques à la moindre évocation d’une cohabitation gémellaire en période prénatale, les réactions sont très tranchées. Si les premiers se soucient peu des découvertes scientifiques et des statistiques en la matière, les seconds réclament des références de recherches et de publications. Et le fait est qu’il n’est pas aisé de dégager une littérature scientifique unanime.

Néanmoins, de plus en plus de chercheurs s’intéressent à cette période en utilisant des appareils de mesure qui gagnent régulièrement en précision : de nouvelles publications devraient se multiplier au cours de ces prochaines années. En attendant, le sujet étant très sensible, il est utile de faire le point sur les informations scientifiques actuellement disponibles.

W. Stoeckel a été le premier, en 1945, à suggérer que les grossesses multiples étaient en nombre très supérieur à celui des naissances gémellaires. Autrement dit, selon lui, de nombreux jumeaux non viables disparaissaient pendant la gestation. Stoeckel considérait que certains résidus retrouvés dans le placenta, à la naissance, provenaient de ces jumeaux qui n’avaient pas survécu. Il évoquait également la possibilité que ces jumeaux non viables puissent être dissous dans leur poche amniotique sans que ni la mère, ni les obstétriciens ne s’en rendent compte. Enfin, il tenait pour probable que la majorité des saignements constatés lors du premier trimestre de gestation correspondent à des évacuations de résidus gémellaires.
Près de quarante ans plus tard, la généralisation de l’échographie confirmait ces prédictions. Ce qui était autrefois considéré comme extraordinaire devenait, en réalité, un événement relativement banal.
Le taux réel de disparition de jumeaux non viables pendant la grossesse n’en reste pas moins difficile à évaluer.
En 1982, H. J. Landy, L. G. Keith et D. Keith, dans une revue détaillée concernant 9 études disponibles à cette date sur le sujet, rapportent des taux variables de 0 % à 78 % selon les populations de patients et les méthodes utilisées par les chercheurs.
En 1997, ils publient de nouveau, mais cette fois leur compilation porte sur un grand nombre d’écrits scientifiques. Suivant les études, les taux de mortalité gémellaire en cours de grossesse varient de 3,7 à 100 %.
Aujourd’hui encore, les études se suivent et ne s’accordent réellement que sur la réalité du phénomène. Néanmoins, si par prudence nous ne prenons en compte que le taux le plus bas envisagé sur ces dix dernières années, il est tout de même de l’ordre de 15 %, soit 1,5 personne sur 10.
Cependant, les résultats les plus bas doivent être considérés avec réserve. La plupart des chiffres annoncés sont généralement obtenus à partir du suivi de femmes préalablement diagnostiquées porteuses d’une gestation multiple. Le calcul se fait alors en fonction du nombre de gémellités observées en cours de gestation et du nombre de bébés qui naissent effectivement. Dans ces études, la détection des gestations multiples n’est réalisée, au mieux, qu’à partir de la 7e semaine de gestation alors qu’il est à présent admis que c’est au cours des toutes premières semaines que le plus grand nombre d’embryons non viables est éliminé.
Un autre procédé prend en compte, lors de l’accouchement, les modifications spécifiques du placenta en cas de gémellité. Le taux moyen constaté s’établit autour de 25 % de femmes accouchant d’un enfant unique mais dont le placenta porte des traces irréfutables de gémellité. Mais, là encore, en ne comptabilisant pas les traces incomplètes, c’est potentiellement un fort pourcentage de gémellités non viables qui est laissé de côté.
Enfin, il faut signaler que les rares études qui ont cherché à estimer la différence de viabilité entre jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) et jumeaux dizygotes (faux jumeaux) ont abouti à des résultats sensiblement identiques pour chacune des catégories.

Dans tous les cas, la cohabitation avec un ou plusieurs fœtus non viables concerne de nombreuses personnes.

Ces cohabitations sont revécues différemment selon que les jumeaux évoluaient au contact l’un de l’autre dans une même poche amniotique ou dans des poches séparées.

Lire un second extrait du chapitre 5 : À la naissance et avant la naissance

Les accidents les plus courants sont dûs aux nœuds ou simplement aux entraves formées par le cordon ombilical autour des membres, du cou, du ventre ou du torse du fœtus. Comme dans le cas du cordon noué sur lui-même, le manque d’oxygène représente la toute première souffrance et il conduit régulièrement le fœtus à perdre conscience.

Les sensations généralement associées :

Outre le manque d’oxygène, une tension forte s’exerce très souvent sur le nombril en provoquant des douleurs aiguës qui peuvent se répercuter dans tout le ventre.

La compression de l’une des parties du corps du fœtus par le cordon ombilical provoque également beaucoup de tensions, de torsions et d’irritations. Si la compression est trop forte, elle se traduit par une perte de sensation locale. Parfois, la tension exercée par le cordon est telle qu’elle provoque une lésion importante sur un bras ou une jambe.

De même, l’immobilisation forcée d’un ou plusieurs membres, de la tête ou de l’ensemble du corps imposée par le cordon ombilical entraîne une grande frustration, une irrépressible colère ou une irritation extrême. Cette immobilisation, si elle perdure, conduit souvent le fœtus, qui tente en vain de se libérer, jusqu’à l’épuisement.

Les conséquences physiques et psychologiques :

Par la suite, l’asphyxie se traduit invariablement par des difficultés respiratoires à l’approche d’événements inhabituels ou inquiétants. De même, la tension exercée par le cordon sur le nombril se manifeste fréquemment par des spasmes abdominaux ou de l’hyper-acidité gastrique en situation de stress. La compression exercée par le cordon ombilical sur une partie du corps entraîne, pour sa part, une faiblesse et des tensions physiques récurrentes à l’endroit concerné qui peuvent aller jusqu’à une perte de motricité ou/et à une mauvaise synchronisation motrice.

Dès sa naissance, le bébé manifeste de l’irritabilité ainsi qu’un besoin impérieux de se dégager lorsqu’une contrainte physique s’exerce sur la partie de son corps qui a été immobilisée.

Enfant, puis adulte, il a peur de manquer d’énergie, ce qui le pousse à organiser son quotidien à l’économie.

Lire un extrait du chapitre 6 : Revivre sensoriellement

Une ressource écologique
(respectueuse de notre intégrité physique et morale)

Lorsque cette ressource est utilisée à l’instant où se produit une perturbation émotionnelle, à part une éventuelle fatigue dans les heures suivantes, un engourdissement intellectuel très momentané et, de façon rarissime, une perturbation digestive passagère, aucun effet désagréable n’a jamais été observé. Plusieurs milliers de personnes utilisent sans doute tous les mois cette capacité à revivre sensoriellement et aucune, en une dizaine d’années, n’a signalé d’autres désagréments, même mineurs.

Il ne semble pas y avoir non plus de contre-indication à revivre sensoriellement.

• Les personnes souffrant de troubles psychiatriques utilisent très valablement cette capacité sans aucun inconvénient. Il est d’ailleurs étonnant de constater la rigueur et la présence dont elles font preuve lors de son utilisation.

• Les personnes sous traitement médical, même s’il s’agit de sédatifs puissants pour anesthésier leurs angoisses, continuent malgré tout à accéder à leur capacité à revivre sensoriellement. Elles n’ont pas besoin d’interrompre leur traitement : leurs sensations, souvent amoindries, sont néanmoins suffisantes. Par ailleurs, aucune incidence négative sur les traitements n’a jamais été relevée (bien au contraire !).

Et sur notre personnalité, quelles sont les incidences ?

Si, après avoir régulé nos perturbations, nous n’avons plus de réactions émotionnelles, comment allons-nous exister ? Ne risquons-nous pas de perdre ce qui fait notre personnalité ? Et pour ceux qui vivent de leur créativité, leur inspiration ne va-t-elle pas leur faire défaut ?

Dans les chapitres précédents, nous avons vu qu’un blocage émotionnel intervient seulement si nous avons vécu une perte de conscience. Lorsque les désagréments susceptibles de nous faire réagir émotionnellement dans notre quotidien n’entrent pas en résonance avec un blocage de ce type, nous régulons naturellement et spontanément nos émotions.

Nous éprouvons donc, d’une part, des émotions désagréables,  récurrentes et inadaptées, provoquées par nos blocages et, d’autre part, des émotions nées de la simple interaction entre notre environnement et notre mémoire émotionnelle.

Si nous revivons sensoriellement tous nos blocages (en admettant que nous puissions tous les repérer), nous ne régulerons que nos perturbations émotionnelles récurrentes, indésirables, inadaptées. Ces événements auparavant bloqués seront alors intégrés à notre mémoire émotionnelle.

Tout cela revient à dire qu’après avoir régulé nos dysfonctionnements émotionnels, nous réagissons simplement à l’instant, à ce qui fait notre présent, en fonction de ce que nous sommes réellement aujourd’hui et non plus en fonction de blocages inconscients qui persistent à se manifester alors qu’ils ne sont plus d’actualité.

Dans ces conditions, loin de perdre notre personnalité, nous pouvons, bien au contraire, l’exprimer plus complètement, plus largement. En nous débarrassant de nos blocages émotionnels,  nous recouvrons tout notre potentiel, nous devenons simplement nous-mêmes.

Mais l’inspiration et la créativité qui se nourrissent souvent de nos dysfonctionnements ne vont-elles pas se tarir ? L’expérience montre qu’il n’en est rien. À l’inverse, tous les artistes qui se sont attachés à revivre sensoriellement leurs perturbations émotionnelles majeures rapportent, là encore, un élargissement et un épanouissement dans leur personnalité et leur production artistique. Ces témoignages pourraient être résumés par cette phrase qui, sous des formes assez proches, revient souvent : « Avant, je créais par névrose, par nécessité… Aujourd’hui, je crée par envie, par choix ! » Unanimement, tous reconnaissent que leur créativité s’est amplifiée. En fait, ce que nous avons acquis comme savoir-être et comme savoir-faire tout au long de notre parcours de vie ne disparaît pas : réguler nos blocages permet d’en profiter plus pleinement.

Lire un second extrait du chapitre 6 : Revivre sensoriellement

L’influence que nous avons ainsi sur notre environnement doit nous pousser à penser différemment. Nous considérons généralement que « l’enfer, c’est les autres » alors qu’en fait, la plupart du temps, l’enfer est bel et bien en nous. Une personne qui ne supporte plus le moindre bruit de ses voisins n’imagine pas, logiquement, régler son problème autrement qu’en agissant sur son environnement. Pourtant, en revivant sensoriellement l’exaspération que le bruit provoque en elle, elle sera sidérée de se rendre compte qu’elle l’accepte à présent sans en être particulièrement gênée, au point de souvent l’oublier. De là à dire que nous sommes, dans la plupart des cas, seuls responsables de nos souffrances émotionnelles, il n’y a qu’un pas… que nous devons oser faire.

Les événements auxquels nous sommes quotidiennement confrontés entrent normalement en résonance avec l’ensemble de notre vécu. Ces événements nous conviennent plus ou moins bien, mais ils ne nous perturbent pas émotionnellement… Sauf s’ils font un écho particulier à l’un de nos blocages émotionnels. Dans ce cas, l’événement exacerbe nos peurs et nous ne sommes plus dans un état normal. Mais l’événement n’est qu’un révélateur de notre difficulté émotionnelle et toute l’énergie que nous mettons habituellement à le contrôler, à le détruire ou à le fuir ne nous rend pas plus serein, ni sur le moment, ni à plus long terme. Nous devons apprendre à considérer en premier ce qui se passe à l’intérieur de nous. C’est là que se situe la clé pour se libérer de nos perturbations. L’extérieur ne fait que mettre sans cesse nos blocages en résonance.

Notre réaction violente face à une personne qui nous dit quelque chose de déplaisant révèle une souffrance en nous. L’autre n’a fait qu’exacerber cette souffrance et s’intéresser à lui n’est pas intéressant émotionnellement. Nous devons prioritairement nous occuper de nous, de notre souffrance. Voilà une excellente occasion de la revivre sensoriellement.

De la même façon, si les comportements imprévisibles ou irrespectueux de notre patron nous laissent sans réaction, nous ne gagnerons rien à le critiquer par-derrière et à râler sans fin. Le problème, ce n’est pas lui : il fait sans doute, lui aussi, du mieux qu’il peut et l’opposition qu’il perçoit en nous ne l’aide certainement pas. Le problème est en nous. Notre inhibition n’est constructive ni pour nous, ni pour lui. Après l’avoir revécu sensoriellement, avec tous nos moyens retrouvés, nous pourrons faire face à cette situation sans plus la subir. Peu importe ce que nous déciderons, nous avons désormais retrouvé notre liberté d’action.

Si nous sommes angoissés alors que nos enfants ne font pas ce que nous pensons bien pour eux, là encore, l’attitude la plus utile est incontestablement de nous occuper de notre angoisse. Après avoir fait ce qui est bien pour nous, nous serons en mesure d’envisager sereinement ce qui convient pour nos enfants.

Dans tous les cas, ce qui est frappant, c’est la différence de point de vue que nous avons avant et après avoir revécu sensoriellement notre perturbation. La situation n’a pourtant pas changé mais nous ne la considérons plus du tout de la même façon. Tout simplement, parce que nous n’avons plus peur.

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